maison d’écritures et d’éditions

Panier ()

voir les articles

Panier

Votre panier est vide.

Catalogue

Atelier d’écriture

La maison

Boutique Penseries

Variations Fink, Elia Svalder, 2026 17€

L'ÉPERDU

Éprouver, s'émouvoir, être ébloui, porté d’exaltations, perdre et se perdre, s’abandonner au point d’un sentiment d’égarement : vie subite, passionnée, de l’écriture et de la lecture, loin de la vie subie, et qui conduit sur des déroutes étranges, en un lieu sans lieu. Une maison, peut-être. Une "maison d’édition" ? Là, il ne s’agit pas de se tenir à une table d’écriture codifiée, obéissant à des impératifs de langage entre chaque bouchée coercitive avalée, entourée de convives empaillés, et de se plaindre indéfiniment du mauvais goût des plats servis, de ravaler la peine, mais d’inventer des formes d’existences et des potentialités de luttes selon la grammaire intransigeante de l’art, ainsi faire varier les intonations larges de la voix de la cave, galoper dans l’escalier en trébuchant et en bégayant, le cœur en asystolies, ne jamais rester à la place assignée, au rang, au coin, réinventer l’agencement des mots et des pensées, un style, le sens giratoire de la table, en une bousculade permanente, vertigineuse, éclairée à la flamme d’une expérimentation intérieure incontrôlable. Une 'maison d’édition", vraiment ? Une maison à habiter, avec des écrivains à accueillir et à rencontrer, des livres à ressentir sensiblement-intellectuellement, des Œuvres et des réveils d’artistes. Une architecture des attractions.

Premières librairies alliées

Le rideau rouge

(42 rue de Torcy, Paris)

Le neuvième pays

(84 rue Bonaparte, Paris)

Librairie MiMa

(52, avenue de la Madrague de Montredon, Marseille)

Librairie La Carline

(13, boulevard des Martyrs de La résistance, Forcalquier)

Librairie à l’Ouest

(15 rue de l’Ouest, Paris)

La fleur qui pousse à l’intérieur

(5 place des cordeliers, Dijon)

Librairie L’Autre Rive

(19 rue du Pont Mouja, Nancy)

Librairie Texture

(94 avenue Jean Jaurès, Paris)

Librairie L'Esperluète

(10 rue Noël Ballay, Chartres)

La librairie Maison de la presse

(24 place de la Résistance, Megève)

Librairie L'Autre Rive

(19 rue du Pont Mouja, Nancy)

Librairie Baume

(52 rue Pierre Julien, Montélimar)

Le Mot de la Faim

(7 place Robert Schuman, Montreuil-Juigné)

Les Modernes

(6 rue Lakanal, Grenoble)

Librairie du Mont-Blanc

(37 avenue du Mont-d'Arbois, Saint-Gervais les Bains)

Librairie du Labyrinthe

(37 rue du Hocquet, Amiens)

Librairie Le temps qu'il fait

(12 place de l'Église, Mellionnec)

Les Villes Invisibles

(1 rue Basse des Halles, Clisson)

Les livres publiés aux éditions L'éperdu sont commandables dans toutes les librairies (référencements Dilicom et Electre)

Merci aux visiteurs-acheteurs sur le site

Merci aux alliées et alliés en librairies et ailleurs

 

La vie inconnue Destin et mort d'Athéna Sylve, Caroline Dinet, 2025 11€

ENTRETIEN AVEC ELIA SVALDER

VARIATION N°2 : VARIATIONS FINK

Variations Fink. La reprise modale d’un thème, d’un fait, d’une histoire au sens musical peut être envisagée comme interprétation de votre texte ; elle trouve matière dans votre écriture où des passages, des formules, sont repris et se répondent, en boucles de lettres, poursuivant toujours…

Lire la suite

ENTRETIEN AVEC ELIA SVALDER

VARIATION N°2 : VARIATIONS FINK

Variations Fink. La reprise modale d’un thème, d’un fait, d’une histoire au sens musical peut être envisagée comme interprétation de votre texte ; elle trouve matière dans votre écriture où des passages, des formules, sont repris et se répondent, en boucles de lettres, poursuivant toujours plus loin, et en tout cas en résonance. On pourrait considérer votre roman comme une partition de l’existence où finalement les variations Fink ne seraient pas seulement celles d’un homme entendant la tristesse dans la joie, cette musique-là, mais une sorte de noyau, d’invariant et de formule éthique. « Dans ces cinquante pages qui constituaient à peu près le tiers des feuillets remis à Judith, Gaya avait changé les prénoms et les noms, sauf celui de Nathanaël. Nathanaël restait lui-même, point immobile ». Point de variations de prénom et de nom pour Nathanaël Fink. Il est l’immobilité changeante. Pourriez-vous nous parler de ces variations Fink et de leur partage ?

Il s’agissait d’essayer d’approcher, par l’écriture, la question du désir. Le roman est ponctué de moments au statut singulier qui peuvent couper la narration ou, au contraire, la contaminer comme une ritournelle, l’envahir et constituent en quelque sorte des variations du désir : répétition, rêve, litanie rituelle, équivoque des mots, fantasme, poésie, etc. Effectivement, vous évoquez l’existence d’un noyau, d’un invariant malgré le titre du roman : le désir de Fink est immuable mais il connaît des variations, comme celles d’un thème musical. Un passage du roman aborde la question de la situation d’un sujet qui déroge soudainement à la loi qu’il s’est imposée toute sa vie avec absolutisme. En l’occurrence, pour le personnage d’Ossip, l’absence de toute relation avec une femme. Benjamin I Prats émet l’hypothèse que « pour que cela advienne, l’objet de la loi et celui qui cause sa renonciation doivent, d’une façon ou d’une autre, être noués par un désir immuable. Ce désir serait le secret dont la loi apparaîtrait, dans un après-coup uniquement, comme l’une des variations ». Le délire de Fink d’attribuer l’œuvre de Sandor Orklësi à Ossip n’est pas à part ; il est noué à son désir, dont le roman explore les variations. En cela, ce n’est pas un roman sur la folie mais sur le désir.

Cette tentative de saisissement engage aussi la question du temps et a déterminé à la fois l’écriture et la structure du roman. Il fallait un roman bref, embrassant cinquante ans, qui transperce le temps. Le roman fait une place centrale au désir de Fink mais ces « variations Fink » pourraient être tout aussi bien le désir qui court et rencontre tous les personnages. Le roman dans le roman – le roman de Gaya – permet de faire entendre ces autres désirs, celui d’Ossip, Clara, Benjamin, Gaya et même Georg, tout en donnant accès à des scansions essentielles du désir de Fink. Les désirs se répondent, s’entrechoquent, passent de l’un à l’autre : dos gelé de Nathanaël et dos brisé d’Ossip, foulard de soie qui protège les cheveux d’un enfant terrifié et qui peut se retrouver, vingt-cinq ans plus tard, à « tirer la langue » entre deux livres, dans une bibliothèque.

Le désir des personnages est un désir de savoir mais qui déborde la compréhension. Nathanaël, Judith, Gaya ou encore Benjamin I Prats y sont confrontés. Si le roman peut égarer, c’est précisément pour que le lecteur, qui est un interprète, fasse lui-même cette expérience.

Aussi, le roman de Gaya décentre Judith de son désir de comprendre son père, désir qu’elle poursuit en cherchant à mener une véritable enquête, avec l’obsession d’un secret recelé par sa mort (secret de l’identité de Sandor, secret de la dernière visite de Georg à son père) mais aussi de ce mot secret qui lui aurait permis, en le prononçant, d’empêcher la mort prématurée de son père. Judith veut avoir le dernier mot mais, comme tous, elle ne l’aura pas. Si Judith rêve que son père est assis à la place du mort et ne le sait pas, le roman de Gaya et la rencontre avec le comité Sandor lui permettent de saisir que, comme chacun, elle ignore ce qu’est cette place qui la concerne aussi et c’est là que son désir d’en savoir est un désir d’en découdre.

Quant à Benjamin I Prats, le narrateur, il prétend en savoir bien plus que les autres et ne cesse de le répéter. Lui aussi est dans l’erreur, ce dont il fait l’expérience dans un vacillement final. Il n’y a pas de compréhension, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas un savoir qui se constitue : quelque chose reste, se dépose, se répète, s’interprète, se lit encore et encore.

ENTRETIEN AVEC SARA FRATINI

ARTISTE PLASTICIENNE

ENTRETIEN AVEC SARA FRATINI

ARTISTE PLASTICIENNE

Fil rouge du trait noir

Tout au long de ma vie, pendant mes études, dans mon passé d’architecte et depuis mon enfance toscane, s’il fallait matérialiser un fil rouge, cela serait le dessin. Il a toujours constitué pour moi l’instrument par excellence de découverte et de compréhension du monde et une source inépuisable de liberté.

Mon rêve d’enfant, au risque d’être banale, simplement "devenir peintre". Éblouie, dès toute petite, par les chefs-d’œuvre des grands maîtres de la Renaissance florentine, je pensais, avec des yeux grands d’admiration, que là devait résider le bonheur. Je le pense encore !

Lumières

Les artistes de la Renaissance florentine et toscane, en particulier Giotto et Piero della Francesca, avec leurs règles de composition rigoureuse, la lumière des Flamands, l’immense Titien, constituent mes piliers incontournables. Je sens souvent le besoin de revenir à ces sources.

La fabrique des images

La plupart du temps, la fabrique de mes images est mon atelier, où les idées arrivent dans le silence et l’intimité, entourée de mes catalogues et de mes archives de photos, qui constituent une riche et variée source d’inspiration, mais aussi d’objets et de matériaux volés à mon quotidien, susceptibles de se transformer en véritables sujets... Dans ma série Poupées-chiffons, débutée en 2022, de simples torchons sales de peinture se transforment en étranges personnages dansant en pastels et pigments colorés. J’ai effectivement une fascination très forte envers la matière, et cela se traduit aussi dans mon besoin d’expérimenter de supports très variés pour ma peinture.

Teatrino

Mon travail en peinture est une recherche constante et se nourrit de plusieurs disciplines et techniques contemporaines : l’instantanéité de la photo, la vidéo, l’utilisation des supports très différents, la création d’objets et l’installation, en sont souvent les préliminaires. Je construis parfois mes sujets, des petites maquettes, et leurs mises en scène ; il s’agit d’une forme de théâtralisation du réel, comme dans un "teatrino" ludique où le monde de l’enfance est toujours présent et la lumière joue un rôle principal. Tous ces dispositifs ont comme finalité la peinture.

Croquis photographiques

La photographie est un véritable outil de travail pour moi. C’est un regard porté sur un sujet d’intérêt, un "frame" très subjectif, un point de vue, un cadrage très précis où lumière, espace et composition jouent un rôle essentiel. Je me sers quotidiennement de cet outil dans mon travail en peinture, les photos étant alors comme des croquis d’études. Certaines fois je travaille à partir de photos de mes peintures même, comme dans un jeu d’aller-retour, de mise en abyme.

Possibles en séries

Les croquis pour moi sont un vrai terrain d’exploration et d’expériences. Loin de la quête du "rendu final" ou du "projet prédéterminé", c’est là où je peux avoir de surprises très intéressantes et l’œuvre reste "ouverte" aux infinies variations sur un même thème. Comme dans la série Options, où un intérieur intime et habité, devient le lieu de tous les possibles.

Le principe de la série permet au travail de rester ouvert à l’exploration des infinies possibilités. L’acte de peindre comporte, à chaque geste, un choix définitif dans une direction précise. Travailler en série me permet de réhabiliter des voies précédemment abandonnées ou de m’aventurer sur des pistes encore inexplorées…

Intérieur(s) d’une cocotte en papier

Cette question, qui n’en est pas une, est merveilleuse et contient sa réponse. Je partage cette réflexion poétique et vous remercie de ce rapprochement entre intérieurs et cocottes ! Une œuvre d’art, doit surtout ne pas tout dire, mais entretenir ce mystère entre présence et absence, laisser des pistes d’interprétation et d’imagination. Et puis pouvoir rester un jeu, avec sa composante d’humour, quand cela est possible.

Secrets d’art

Toutes les formes d’art, pour moi, sont "perméables", elles s’inspirent et se nourrissent réciproquement. La littérature et l’écriture me passionnent. Il est déjà arrivé qu’en lisant, je trouve le titre pour une œuvre. Et il m’arrive d’écrire de petits poèmes, encore plus intimes et secrets que mes peintures.

Andreï Tarkovski était peintre avant de devenir cinéaste. Il existe une vraie filiation entre la peinture, la photographie et le cinéma. Et il y a des œuvres au langage particulièrement universel, au charme desquelles on peut difficilement se soustraire. Chaque artiste est une goutte du même fleuve qui court depuis des millénaires… et "le fleuve emporte le fleuve" (Gérard Gasiorowski).

Viens

J’admire l’œuvre d’Andreï Tarkovski qui résonne profondément avec ma sensibilité. Dans ma série Viens, le choix de la séquence temporelle de deux arrêts sur image est inspiré de Nostalghia. Dans ce film, comme dans le cinéma de Tarkovski en général, la dimension profondément intimiste (voire autobiographique), est le médium par excellence pour exprimer le mystère, bien plus universel, de la condition humaine, en équilibre instable sur une lisière entre exil et terre natale, rêve et réalité, apparition et effacement. Ces images-mystère m’ont fascinée et m’ont donné envie de peindre.

La flamme de Domenico

Quelqu’un doit crier : "Nous bâtirons des pyramides". Peu importe si nous ne les bâtissons pas ! Il faut nourrir le désir et étirer notre âme, dans tous les sens, comme un drap qu’on étirerait à l’infini. Si vous voulez que le monde aille de l’avant, il faut nous donner la main.

La question est simple, comme la vérité. L’image est extraordinaire et osée : une lumière, symbole par excellence de "la raison", dans les mains d’un fou ! Cette bougie de Domenico, dont il faut protéger la flamme à tout prix, en vrai, représente la poésie. La poésie des paroles, la poésie des images, avec leur charge de symboles et de messages. J’ai toujours pensé l’art comme une forme de résistance, humble, silencieuse et secrète, et pour cela la plus profonde, radicale et révolutionnaire. Comme dans une course contre le temps, mettre l’infini dans le fini (la création dépasse la mort), mettre la beauté dans l’aliénation et l’horreur, la gratuité dans le matérialisme, le dialogue dans l’individualisme, le questionnement, le trouble et la folie dans le conformisme.

C’est ce que nous avons de plus intime, élevé, lumineux.

 

Sara Fratini, site

Sans titre, Lucie Postel 58€

nouvelles de L’éperdu

lettre d’information

Inscription à la lettre d’information