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La main gauche (La Maison Invhantée)
Modalités
Les ateliers empruntent des formes collectives (au maximum quatre participants) ou individuelles et ont lieu dans les endroits du langage (rendez-vous, correspondance papier ou électronique, échanges téléphoniques) ; ni en présentiel, ni en distanciel, mais en se vivant.
Un travail de relecture éditoriale…
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Les ateliers empruntent des formes collectives (au maximum quatre participants) ou individuelles et ont lieu dans les endroits du langage (rendez-vous, correspondance papier ou électronique, échanges téléphoniques) ; ni en présentiel, ni en distanciel, mais en se vivant.
Un travail de relecture éditoriale peut également être conduit sur un manuscrit en cours d’écriture ou au premier point final posé. Il propose de chercher ce qui n’a pas été dit, écrit, certainement par un effet de trop grande familiarité, à révéler les impensés et les points secrets du texte, à méditer les impasses et les arrêts.
À ce travail au long cours s'ajoute la possibilité d'une lecture critique plus brève d'un manuscrit, mettant en lumière certains traits particuliers, saillants, du texte, susceptibles d'être interrogés ou approfondis. Elle s'inscrit dans des cadres temporel et économique aménagés.
Tarifs
Tarifs
Le tarif des ateliers respecte les possibilités financières de chacune et chacun ; il est établi lors d’une conversation préalable.
Martin Frobenius Ledermüller’s Microscopic Delights, 1759–1763
LA MAISON INVHANTÉE
Septembre 2025
J’ai accroché la corde en plastique vert cru à un montant de la bibliothèque. Elle pendait. Elle semblait m’attendre, je l’ai trouvée laide mais efficace, elle ne céderait pas sous le poids. Entre elle et le mur en face : trouble de la vision. L’accrochage oblige à se tenir à, clou attache marteau main blessée silence du calcul, la moindre erreur ne serait pas tolérée ou peut-être si finalement, même si on souhaitait nous faire croire au tranché d’un blanc-noir sans écart possible, sans aucun œil de travers grand ouvert sur la profondeur du champ. C’est pourtant lui qui fait le geste. L’excédent de vie. Ce n’est pas du tout hostile, incertain, mais rassurant, malgré les doigts gourds, cette répétition de l’insuffisance, aucun outil valable, toujours recommencer à zéro, le même vertige devant le secret indélivrable, l’instant inviolable. Mon regard se fixe sur le clou, de manière insistante, perçante, et soudain il s’émancipe en une vision d’ensemble de la pièce, effet grand angle. Le clou s’enfonce en créant un éclat en étoile, la percée d’une arme à feu sur la peinture brusquement écaillée. Certains y verraient les traces d’une expérience négative, corde, arme, à quand le couteau ? mais le meurtre se trouve dans le consentement imposé, le grand bousillage des fondations. Je bricole, c’est tout.
Je dirais que dix-sept pas devraient pouvoir y être faits. Mais l’espace doit être plus grand, sans limite, aspirant, de cette aspiration que nous ressentions dans nos fantasmes avec ma sœur, ce râle animal de la salle de bains, son impénétrable clarté à pas ou à cris de loup. J’éprouve l’ébranlement de ce jour où enfin je me décide, et ce possible advient précisément parce que toutes les parcelles des champs ont été préemptées. Il ne reste presque plus rien : quelques mots encore, non fonctionnels, des trames d’arbres, de l’air réparé. Sinon, tout a été bazardé. La toile beige s’accumule entre les deux accroches, un effet fantôme qui se réveillerait en secouant son drap. Le désir. L’intensité. L’expérience de la perte. Et tout dans un grand récit à jamais renouvelé. Je dois monter au plafond. À ce moment précis, celle dont je suis le Frère arrive pour me surprendre et s’inquiéter du déséquilibre sur l’escabeau. J’ai grossi, je penche. Qu’est-ce que tu fous ? Un nœud borroméen, je lui réponds en observant ce qui ressemble à sa prétention initiale. Une déposition de laquelle s’évaderaient des pelures d’hommes. Dans le salon ? Tu ne vas pas installer ça dans le salon ? Ça prend toute la place. Je ne sais pas s’il s’agit d’un retrait ou d’un retranchement, probablement une façon de me déraciner moi-même.
J’ai chaud, ce n’est qu’un début. De la plus haute marche, je me jette dans le vide.
L’installation est terminée. Ni capsule ni cage. Des stylos, du papier, quelques livres. Une tente.
Je m’y installe pour écrire.
Thomas Smillie’s, Photographic Survey of the Smithsonian, 1890–1913