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Variations Fink

Elia Svalder

Variations Fink
  • 140 pages - 11,5 x 18 cm
  • 3 feuillets glissés
  • Peinture, illustration de couverture : Sara Fratini
  • Études, illustrations intérieures : Sara Fratini
  • ISBN : 978-2-488501-01-9
  • Parution le 3 septembre 2026
17€

expédition le 03.09.2026

Présentation

Il existait quelqu’un pour qui tout cela était plus qu’une folie.

Judith a rendez-vous avec le comité Sandor pour connaître enfin la vérité sur le célèbre et mystérieux écrivain Sandor Orklësi. Pendant trois ans et jusqu’à sa mort, son père, Nathanaël Fink, a réuni, de cahier en cahier, les preuves que Sandor Orklësi et Ossip, l’ami d’enfance, se trouvaient être la même personne. Plus encore qu’une tâche de la plus haute importance, il s’agissait de ce qu’était devenue sa vie, à lui Nathanaël Fink, après la vérité dérobée de son métier d’avocat.

Le secret de Fink, Judith ne sait pas où en trouver la clé. Peut-être dans cet inédit de Sandor Orklësi adressé à son père quelque temps avant sa mort. Quelqu’un, cet expéditeur, connaît la vérité qui apparaît autrement plurielle, éternellement retournée. Car les mouvements de l’obsession débutent, il y a longtemps, dans la fréquentation intime par Nathanaël Fink de la fratrie d’Ossip, Georg et Clara, pour se poursuivre étrangement, plus de cinquante ans après, entre les pages du roman inattendu écrit par Gaya, le fils de Georg.

Hier, aujourd’hui, de lieux en lieux, l’histoire se dessine comme un sommeil sans réveil, un mensonge au-delà même de la raison, un crime au goût d’acier, balustrade de fer forgée dont il est possible de basculer.

EXTRAIT

EXTRAIT

Benjamin était excité au point qu’il s’était presque allongé à plat ventre sur le bar, le dos droit comme une planche de bois, parlant parfois à l’évier parfois à Ossip. Pour sa part, Ossip s’était fait la remarque qu’il n’était peut-être pas bon pour un ancien alcoolique de jouer au serveur. À mesure que I Prats s’animait, la langue d’Ossip était devenue la boule d’un jeu de quilles, se fracassant contre chaque bouteille suspendue au-dessus de sa tête pour les faire chuter et laisser s’écouler leur liquide fruité, sec ou suave, sur ses cheveux collés contre sa peau, il pensait que c’était la sueur mais il saignait de l’oreille, un plasma bleu nuit caressait la conque et dansait sur l’hélix jusqu’à cet œil vert étrange l’observant, fixant quoi ? Ses mains accrochées aux tessons ? I Prats avait dit j’ai fini mais Ossip n’a pas entendu la suite, il était devenu sourd, le sang coulait désormais dans son dos, j’ai fini, c’est ça elle regardait ses mains constamment à l’autre bout du bar, elle n’avait jamais souri ni tenté quoi que ce soit, il était devenu ce point dans son encadrement à elle en une seconde, sans rien demander, voyait-elle son oreille, cette blessure ? La main de Benjamin avait saisi la sienne pour lui venir en aide certainement, Ossip s’était agrippé puis s’était appuyé de nouveau au comptoir, c’en était certainement fini, Benjamin avait couru pour passer derrière le bar tandis que l’œil vert toujours regardait sa main.

Et maintenant il y avait ces chiffres effacés depuis longtemps de cette main, avec le savon abrasif de la salle de bains qu’il avait appliqué jusqu’aux coudes, provoquant la brûlure sur ses avant-bras, ces chiffres qui le réveillaient malgré leur effacement répété, des chiffres ayant l’éclat d’un rire dans un amphithéâtre d’université.

Tout homme qui a connu le pire sait qu’il peut vivre longtemps avec en poche un nom griffonné sur un bout de papier, dont il pourrait faire l’usage en temps voulu.

Ossip était certainement mort avec ce nom en poche.

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